Réunion sur l’avenir de l’Église : compte-rendu

Juin 2019 – Compte rendu DÉBAT PAROISSE St Paul – Notre Dame St Vincent – St Polycarpe dans le 1er arrondissement de Lyon.

1/ HISTORIQUE

Suite aux affaires de pédocriminalité et de violences faites aux femmes au sein de communautés ecclésiales, notre Eglise, même si elle reste résolument et majoritairement évangélique, a été ébranlée dans ses fondements mêmes. En septembre 2018, la CCBL (Conférence Catholique des Baptisé(e)s Francophones – de Lyon) faisait diverses propositions dans les pas de la lettre du pape François du 20 Août 2018, de la lettre du Conseil des  évêques de septembre, et des « 10 pistes » du journal La Croix. 

Une équipe de 7 personnes, représentant nos 3 clochers,  s’est constituée pour préparer une rencontre paroissiale fixée au 6 juin 20h/22h.

2/ RÉUNION 

32 personnes présentes (dont l’équipe de préparation). Très peu de personnes de moins de 60 ans.

Temps de prière introductif et présentation de la soirée puis deux questions ont été proposées à la réflexion :

Q 1/ Quelle(s) situation(s) de malaise(s) ai-je ressenti dans l’Église ?

Q 2/ Dans cette tourmente, qu’est-ce qui me nourrit, me recentre, et qui fait que je reste membre de l’Église ?

Temps personnel, puis échanges en petits groupes.

SYNTHÈSE DE NOS ÉCHANGES

Pour la question 1 :

  • Le malaise en raison de l’ampleur de la pédocriminalité, des abus de pouvoir et de leur gestion par l’Église : silence de responsables et de laïcs « qui savaient », atermoiements, sous-estimation des dégâts chez les victimes, écoute insuffisante de celles-ci et de leurs besoins, mauvaises décisions pour la gestion des prédateurs, déficit de consultations d’experts extérieurs.
  • Les malaises liés  à l’organisation de l’Eglise : gouvernance pyramidale, manque de contre-pouvoirs, absence de femmes des instances décisionnaires, difficulté de certains prêtres à déléguer et à travailler en collégialité avec les laïcs alors qu’ils sont de moins en moins nombreux avec des charges en augmentation, posture autoritaire de certains clercs  entrainant un dialogue difficile, retour à des «traditions» dans les célébrations où le «sacré » semble renforcer la posture cléricale, rapport aux femmes dans l’église malheureusement trop discriminant , difficulté à débattre du célibat des prêtres, regroupement de jeunes en certains lieux mais peu dans nos paroisses.
  • Le constat d’un recul des actes collectifs dans les paroisses; ex: les célébrations pénitentielles, les rencontres de formation, etc…

Le besoin de clarifier le langage de la liturgie parfois difficile à comprendre.

S’il nous faut admettre l’existence scandaleuse d’actes de pédocriminalité tenus secrets en divers lieux de notre société, elle est, dans l’Eglise, encore plus insupportable, car elle piétine ce qui la fonde et ce qu’elle prêche : un Dieu Amour, source et défenseur de toute vie.

La question 2 :

  • Un amour inconditionnel, un attachement pour le Christ. Un amour pour l’Eglise, et le désir d’y rester malgré tout.
  • Un désir de se nourrir auprès de la Parole de Dieu, en partageant avec d’autres, en se documentant : lire François, la CEF, Véronique Margron, Anne Soupa…
  • La réalité de prêtres, religieux et religieuses qui rayonnent le Christ.
  • Une chance peut être : cette révélation de pédocriminalité nous oblige à nous convertir et à devenir davantage acteurs de la vie de notre Eglise.

Quelle suite envisageons-nous ?

  • Rendre compte de nos échanges : EAP-curé, paroissiens, diocèse, CCBL, et aux  journaux demandeurs de retours sur ces initiatives de débats locaux : La Croix, la Vie, le Pèlerin, TC.
  • Signifier concrètement notre solidarité et compassion avec toutes les victimes d’abus… et surtout « ne pas oublier » !
  • S’informer, se former, pour se réformer (continuer ce travail ensemble, s’enrichir de lectures, de conférences, d’émissions…)
  • Se renseigner sur le travail entrepris par d’autres paroisses ou groupes et collaborer.

Quelques pistes : réfléchir au rôle de l’EAP et à la nomination de ses membres, à des temps fédérateurs, à des modes concrets de participation à la mission de l’Eglise.

Nous décidons de réitérer cette soirée, en sollicitant l’EAP, avec le souhait que la journée de rentrée paroissiale puisse permettre d’informer et d’offrir une nouvelle étape de travail aux personnes intéressées.Le groupe de préparation gère le contact avec l’EAP-curé  et  la diffusion de ce compte rendu.

Date est prise en septembre pour préparer une nouvelle réunion et envisager l’année.

Nous terminons par le chant «Nous sommes le corps du Christ…chacun reçoit la grâce de l’Esprit…»

Conclusion

Tous les participants ont  beaucoup apprécié cette première rencontre, et l’occasion qui leur était donnée de pouvoir s’exprimer librement sur ces sujets.

Aucun membre de l’EAP n’était présent, et s’il peut y avoir de bonnes raisons, cela a été regretté.

Même si elle n’avait pas pour but d’aboutir à des propositions concrètes dans un premier temps, cette réunion aura permis de faire l’unité autour de quelques pistes d’actions qui pourront être interrogées plus précisément  dès septembre.

L’équipe de préparation et d’animation : Catherine BRETONNIERE, Christiane PATEY, Edmond WOLF, frère Noël BOIS, Stéphane BIENVENUE, Patrice et Marie MOLLET.           

 Le 24/06/2019

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